Ici-Londres Magazine. Interview of Benoit Viellefon

BENOIT VIELLEFON, FRENCH CROONER
– Écrit par Amandine Jean
publicity2-BenoitMusicien, chanteur, producteur… Benoît Viellefon est incontournable sur la scène swing et vintage. Il s’apprête à sortir un nouvel album consacré à la musique des années 30 à 50.

Nœud papillon, costume, cheveu lissé et moustache fine, Benoît Viellefon a toujours l’air d’appartenir à une autre époque. “Je viens de Douai, comme Django Reinhardt. Je parle anglais, français, ch’ti et un peu japonais. J’ai 40 ans mais pour le business j’ai 17 ans et demi. Je suis le seul  excentrique de ma famille” raconte sans ciller ce curieux personnage. A 6 ans, Benoît écoute la BBC grâce à sa petite radio qui capte les ondes outre-manche. Il se prend alors de passion pour ce bout de terre qu’il aperçoit dans le coin supérieur de la carte de France à l’école, aux noms étranges comme Plymouth ou Birmingham.

“ROCKSTAR AUX STATES”

A 14 ans, Benoît revient de son premier concert de punk avec une idée fixe : il sera rockstar aux Etats-Unis, au grand dam de ses parents. Doué à l’école, il décide cependant assez tôt que la vraie vie n’est pas sur les bancs de l’école. Benoît cumule les petits jobs : braderies, entretien de jardin, nettoyage de voitures, et même astrologie pour pouvoir se payer sa première guitare, à 17 ans. Poussé par ses parents, il entre après le bac dans une école d’art à Valenciennes, passe son temps à faire des films et surtout à se consacrer à la musique : “Je jouais dans des groupes de rock parce que c’est tout ce que je pouvais faire ; c’est facile.” Il passe un DESS et travaille de 1996 à 1998 dans l’animation, les jeux vidéos, le design de sites notamment. “A chaque fois, j’allais travailler avec ma guitare… et je finissais par me faire licencier” sourit-il. Le constat est amer : avec un bac plus cinq et des horaires intenables, Benoît peut à peine payer le loyer de son 12 mètres carrés. “Autant essayer rockstar” conlut-il. Après une tentative infructueuse en Californie où sans Green Card, les portes restent closes, Benoît choisit de s’installer en Angleterre, “Où il n’y a pas de soleil, mais il y a la musique… et les nanas” rit-il, narquois.

LA MUSIQUE  “DO IT YOURSELF”

stage6-benoitBenoît joue dans la rue et vit dans des squats. Au bout d’un an, il lui faut se résigner à reprendre un emploi dans le design. “Je gagnais beaucoup d’argent, mais c’était vraiment pas pour moi”  concède Benoît, qui finit par lancer sa propre boîte de design, John John, laquelle devient rapidement un véritable incubateur pour son groupe en trio ainsi que les artistes qu’il signe et produit de A à Z : enregistrement dans son studio, réalisation des pochettes, des sites, distribution… “C’était le DIY de la music industry bien avant l’heure” estime-t-il. Suite à la crise qui ravage l’industrie musicale, Benoît se rabat sur sa deuxième passion, l’aviation, et travaille à mi-temps comme mécanicien puis pilote sur des  avions des années 20. Cela lui laisse du temps pour prendre des cours et étudier l’harmonie musicale pour la première fois.

Benoît commence alors sérieusement à s’intéresser au jazz. Il officie dans un big band, puis dans un groupe de ska dirigé par le fils de John Mayer, figure de proue du mouvement blues à la fin des années 50. Mais aux bretelles et aux crânes rasés, Benoît préfère les jarretelles et les chapeaux ; l’appel du jazz et de la musique rétro se fait plus fort. “On m’a dit “T’as qu’à jouer Django, personne ne peut chanter en français”. Je me suis fait pousser une moustache et ça a tout de suite marché. C’est qu’une affaire de look finalement”, nargue-t-il.

En 2007, enfin en confiance avec sa propre voix, il lance Benoît Viellefon and His Orchestra. En quatre ans, il a joué plus de 600 concerts en Angleterre et en Europe. Résident dans des clubs emblématiques comme le Nightjarr ou le Quecumbar, il a joué devant les Rolling Stones, Rowan Atkinson, ou encore Ron Dennis, patron de MacLaren. “Il y a toujours du monde connu au Mayfair Art Club, c’est fréquenté par Beckham et la famille royale… mais je ne les reconnais pas forcément, je n’ai pas la télé !” avoue-t-il.

Son prochain album, joué avec huit autres musiciens au service de musiques des années 30 à 50, devrait paraître avant l’été, produit de A à Z par Benoît, bien entendu.

Amandine Jean

Pour en savoir plus :
www.benoitandhisorchestra.com

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